LE FERMIER ET LES BOHEMIENS
Publié le 17 Février 2014
Un fermier se montre fort habile,
Dans l’élevage des volatiles,
Faisant des unes de bonnes pondeuses,
Rendant les autres bien goûteuses.
Notre fermier n’est pas peu fier,
De ses poules et de ses affaires.
Il arrive, un jour de printemps,
Une famille de gitans,
Qui, pas très loin du poulailler,
S’installe au bout d’un pré.
Tout occupé à sa volière,
Le fermier les laisse faire,
Ne prenant aucun ombrage
De cet inattendu voisinage.
Las, quelques jours plus tard,
Et, par un curieux hasard,
Les volatiles tant choyés
Un à un, disparaissent du poulailler.
Et notre fermier de maudire ces vauriens,
Ces diables de bohémiens,
Clamant à qui veut l'entendre,
Que haut et court, il va les pendre.
Criant haro sur les gitans,
Il échafaude, pour les prendre, un plan.
Le voilà donc, armé d’un fusil,
Prêt à veiller toute la nuit,
Pour surprendre, le moment venu,
La main dans le sac, les malotrus.
Il s’embusque et, bien caché,
Ouvre l’œil sur le poulailler.
Mais, voilà que bien vite
Les volatiles piaillent et s’agitent.
Le fermier arme son fusil,
Et aussitôt, sur l’intrus bondit.
Surpris, dans son traquenard,
Il trouve pris un beau renard.
Il va s’en dire que le goupil
S’emparant d’un volatile
Dans la nuit, s’enfuit bien vite,
Vers la tanière qu’il habite.
Une fois remis de ses émotions,
De cette histoire, le fermier tire deux leçons:
L’une dit qu’il faut se méfier des idées reçues,
Des préjugés sur les inconnus.
L’autre qu’il ne faut point accuser
Celui contre lequel on ne peut rien prouver.
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