ARRETONS L'HYPOCRISIE!

Publié le 5 Janvier 2015

En ce début d’année, nous allons prendre comme résolution d’arrêter d’être stupides et hypocrites. Alors, regardons- nous dans une glace et posons- nous les bonnes questions.

Puisque certains semblent insister lourdement sur le sujet, je vais revenir sur celui de ces satanées crèches.

Le principe de laïcité est inscrit dans l’article premier de notre constitution, (celle de 1958, voulue et dictée, je le rappelle, par un certain Charles De Gaulle, croyant, pratiquant, tolérant et… Intelligent). Initiée par Jules Ferry, cette laïcité de notre république s’appuie sur deux lois : Celle de Pierre Waldeck- Rousseau, (la fameuse loi de 1901 sur les associations), qui en est le socle pratique, et celle d’Aristide Briand, promulguée en 1905, qui en pose les principes. Or, il se trouve que, conformément à cette loi, ou par un de ses effets pervers, tous les édifices religieux construits avant 1905 sont devenus propriété de l’état. Les religions juives et musulmanes ayant eu le bon goût de se conformer à la loi de 1901, ces édifices sont tous ceux de l’église catholique. Ils sont nombreux. Certains, à l’architecture remarquable, sont inscrits à notre patrimoine. Leur entretien, à la charge de l’état et des communes, est très onéreux. Il est, en partie, financé par l’impôt. Un impôt auquel sont soumis tous les citoyens, quelle que soit leur confession, y compris les mécréants sans dieu de mon espèce.

Les mairies sont des établissements publics et républicains. Comme les églises, leur entretien, leurs aménagements sont financés par tous. Alors…

Certes les crèches sont une tradition. Une tradition religieuse et chrétienne qui n’a rien à faire sous les plafonds républicains. A moins que l’on accepte, par souci d’égalité, que les traditions des autres religions y soient aussi présentes. De même, les élus, s’ils souhaitent un joyeux Noël à leurs administrés, devront aussi souhaiter un bon ramadan aux citoyens musulmans et de bonnes Pâques aux citoyens juifs.

Au fait, vous pouvez me rappeler ce que représente la crèche ? C’est ça. La naissance d’un petit garçon dans le désert de Judée. Un messie, un rédempteur que l’on a crucifié et au nom duquel, pendant des siècles, on a torturé et massacré des centaines de milliers de personnes…

Ce qui m’ennuie le plus, c’est de constater, non sans amertume, que certains de ceux qui crient haro sur le démontage des crèches, sont les mêmes qui s’insurgent du fait que nous accueillons sur notre territoire ces chrétiens d’Orient victimes des islamistes. Ohlala ! Encore des étrangers à qui on va verser des allocations… Mais bon, disons que chacun a sa propre conception de l’honnêteté intellectuelle.

Passons aux autres sujets de fâcherie. Et je vais commencer par la Palestine.

Il me semble que la résolution 181, votée par le l’ONU le 29 Novembre 1947, a clairement défini les territoires de chacun. Alors j’aimerais qu’on m’explique pourquoi un état, Israël, en l’occurrence, s’autorise à outrepasser ses droits et à installer des colonies sur une terre qui n’est pas la sienne ? Au nom de quoi ? Au nom de ce principe sioniste, (et ce mot est une réalité, pas une insulte), qui entend, je cite, « œuvrer à donner ou redonner aux Juifs un statut perdu depuis l'annexion du Royaume d'Israël par l'Empire assyrien en -720, à savoir celui d'un peuple disposant d'un territoire. De nos jours, le sionisme comprend le post-sionisme, qui veut donner une orientation laïque à l'État d'Israël, normaliser les relations avec les Palestiniens, et le néo-sionisme, qui milite pour la migration des palestiniens et des arabes israéliens vers les autres pays arabes. »

Quel programme ! J’ai dans l’idée que c’est ce dernier courant qui tient, aujourd’hui, les manettes de cet état.

Bref, comme tout pays se sentant envahi, la Palestine et ses citoyens réagissent. Je ne peux que m’opposer au terrorisme, il est hors de question pour moi de l’accepter, (mais, je vous rappelle que le Hamas, ce n’est pas le peuple palestinien). J’essaie juste de comprendre pourquoi des gamins en arrivent à jeter des pierres sur des soldats et d’autres à se faire sauter dans des autobus.

Une partie de la réponse, c’est nous qui la détenons. Quand je dis « nous », je parle de toute la communauté internationale. Pourquoi ? Parce nous avons laissé faire, laissé la situation s’envenimer et pourrir. Et, surtout, parce qu’il ne faut pas contrarier un pays, bon client sur le marché de l’armement et qui, étant notre allié, nous offre un formidable pied-à-terre dans cette région du monde.

Cela mérite-t-il qu’on laisse enfermer tout un peuple derrière un mur aussi odieux qu’inutile et que l’on ferme les yeux sur quelques manquements aux principes humanitaires les plus élémentaires ? Ma réponse est non, définitivement.

J’en viens maintenant à cet islamisme qui terrorise tout le monde, bien aidé en cela par les journalistes. Je l’ai souvent dit et je le répète : Les extrémismes religieux sont les pires qui puissent exister parce qu’ils conduisent systématiquement au fanatisme et à la folie collective. Autant je respecte les musulmans, (et ils sont nombreux parmi les gens que je connais), autant je n’admets pas la barbarie et l’intolérance de ces fous qui brandissent, pour justifier leurs crimes, un coran qu’ils ont largement interprété et arrangé à leur sauce. Leurs discours de propagande, leurs méthodes sont proches de celles que nous avons connues en Europe, il y a quelques décennies. Voilà une leçon que nous n’avons pas retenue. Là aussi, nous avons notre part de responsabilité.

Qui, dans les années 1980, a financé et armé les talibans afghans ? Et dans quel but ?

Qui, une fois les soviétiques partis, les a laissés faire, feignant de ne pas entendre les sonnettes d’alarme tirées par le Pakistan, déjà confronté aux crimes de ces extrémistes ?

Qui a laissé un type nommé Ben Laden prendre la tête de ce qui allait devenir la plus grande armée terroriste qu’on n’ait jamais vue ? Pourquoi avoir attendu que ce type et son organisation se retournent contre nous pour nous décider à l’arrêter ? Vous voulez me faire croire que l’on ne savait pas ce qu’il tramait ? Prenez-moi pour un imbécile, tant que vous y êtes.

Il en va de même pour la Syrie, qu’avec beaucoup de sollicitude, nous avons laissée s’enfoncer dans la guerre civile pour ne pas froisser nos « amis » russes et chinois. Alors que tout le monde savait que ce trouvait là le terreau nécessaire à l’islamisme. On a beau jeu, à longueur de journaux, de nous parler de ces jeunes manipulés et fanatisés qui partent faire la guerre sainte, le djihad, là- bas ou en Irak. Vous vous rendez compte ? C’est affreux, scandaleux… Mais, dites-moi, les croisades, c’était quoi d’après vous ? Des voyages d’agréments ?

Plutôt que de nous lamenter, d’écouter (et, malheureusement pour certains, de croire), les discours alarmistes des journalistes et la propagande des islamistes, essayons plutôt de comprendre pourquoi ces jeunes se tournent vers cet « idéal » et tentons de leur proposer autre chose que la guerre. Avec l’imagination qui les caractérise, nos grands penseurs et nos politiques devraient nous trouver ça.

Et, à l’heure où l’on est capable d’entendre péter une mouche à l’autre bout du monde, où les satellites savent compter les poux sur la tête d’un galeux, qu’on ne vienne pas me dire que l’on ne sait pas trouver et arrêter ces barbares, qu’ils soient en Irak, en Syrie ou en Afrique.

L’Afrique que nous laissons s’enfoncer dans cet islamisme, trop occupés que nous sommes à en épuiser les richesses. C’est pas génial l’Afrique. Il y fait chaud. Il n’y a que des déserts et d’épaisses forêts peuplées d’animaux sauvages et de singes sidaïques. Non, cet endroit- là, c’est juste bon pour exploiter du pétrole ou des minerais, à la limite pour y faire un peu de tourisme, bien à l’abri dans des bus et des hôtels climatisés, en faisant, bien sûr, travailler, la main d’œuvre locale…

Pour des peaux de bananes !

Parce que voilà, je suis au regret de vous le dire, l’esclavage n’a pas disparu. Il a juste changé de visage et s’est relocalisé, ça coûte moins cher, forcément. Tâchez d’y penser quand vous irez là-bas même s’il est plus facile de prendre conscience de sa richesse et de son bien-être plutôt que de la misère des autres.

Pas étonnant qu’en voyant notre bonheur, notre aisance, la paix de nos pays où l’on ne massacre pas les gens à la machette pour leurs idées, ces peuples n’aient qu’une envie : Venir chez nous. Remarquez, c’est logique et légitime. Ils ont, pour la plupart, été français pendant longtemps. Enfin presque. Parce qu’en fait, des citoyens français, ils avaient surtout les devoirs, comme celui, par exemple, d’aller se faire tuer pour la patrie. Pour mémoire, les algériens n’ont perdu leur « statut juridique d’indigènes » qu’en 1947 et n’ont eu le droit de vote qu’en Novembre 1958… Je vous laisse réfléchir sur la monstruosité que peut être un « statut d’indigène ». Je vous assure qu’il n’y a pas de quoi être fier d’être d’un pays qui a décrété une telle ignominie.

Bref, ils veulent tous venir ici. Certains y parviennent. Ils sont à peu près 11% de notre population. Alors je voudrais qu’on m’explique. Qu’on me dise comment un dixième de la population d’un pays peut se rendre coupable d’un naufrage économique, du déficit d’un système social. Vous ne dites rien ?

Tant mieux. Parce que, justement, il n’y a rien à dire. Parce que tout ça n’est pas vrai. Bien sûr, il en est parmi eux qui filoutent, qui se servent de leur culture et de leurs coutumes pour truander un système obsolète mais si vous le voulez, j’ai des listes de « bons et vrais français » qui en font tout autant. Si tant est que la notion de « vrais français » ait encore une réalité en regard de notre histoire.

« Le racisme est une manière de déléguer à l'autre le dégoût qu'on a de soi-même ». Cette phrase de Robert Sabatier n’a jamais été aussi vraie. Le racisme que nous connaissons aujourd’hui dans notre pays est le plus stupide que je connaisse. « C’est pas nous, c’est les autres ! C’est de leur faute si tout va mal ! » La chanson est connue, elle est même devenue une rengaine, une scie qu’on nous ânonne à tout bout de champ pour expliquer notre incapacité à nous sortir de notre marasme, le fonds de commerce d’un parti nationaliste aux allures de république bananière, (une présidente, candidate unique, élue avec 100% des suffrages, vous appelez ça comment, vous? Même en étant candidat sur une liste unique de parents d’élèves, je n’ai jamais atteint ce score !). Mais, prenez garde à trop écouter le chant démagogique des sirènes, à trop ressortir les vieux clichés. Parce qu’un jour où l’autre, ces derniers finissent par devenir des idées reçues, puis des idéologies. Il y a quelques décennies, cela nous a conduits à un des pires crimes que l’humanité n’ait jamais perpétrés. Tâchez de ne pas l’oublier.

Oui, je suis un libre penseur, un de ceux que l’on fustige parfois mais je le revendique. J’en suis même fier !

Non, je n’ai pas de dieu, pas d’obédience, pas de servilité et je m’en porte plutôt bien.

Non, je n’ai pas de parti politique, pas de doctrine ni de ligne à suivre et je ne m’en porte pas plus mal.

Alors quand ?

Quand allez- vous enfin penser en dehors de vos religions, de vos doctrines politiques ?

Quand allez-vous cesser d’écouter et de prendre pour argent comptant tout ce que l’on vous raconte ?

Quand allez-vous vous rendre compte que la liberté que vous prétendez posséder n’est qu’une illusion ?

Quand allez-vous penser par et pour vous-mêmes ?

Rédigé par LIOGIER François

Publié dans #BILLETS D'HUMEUR

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