DELIRES CAPILLAIRES
Publié le 31 Juillet 2016
Peut-être certains trouveront ils ce texte un peu tiré par les cheveux. Normal. Puisque ce petit délire est consacré aux expressions capillaires de notre belle langue.
Commençons donc, par celle-ci : « Tiré par les cheveux ». Elle signifie que le raisonnement auquel on fait référence est quelque peu alambiqué, voire même carrément farfelu. C’est en tout cas ce qu’a dû penser la pauvre reine Brunehaut en lisant son acte d’accusation…
Mais, pourquoi « tiré par les cheveux » ? Pourquoi s’infliger une telle souffrance alors qu’il suffit bêtement de réfléchir ou plutôt, dans le cas qui nous préoccupe, de réfléchir bêtement ? En y réfléchissant bien et, avec ce sens de l’observation qui me caractérise, l’expression n’est pas si absurde que cela. En effet : Quel est notre premier réflexe lorsque nous cherchons intensément la réponse à une énigme ou une excuse ? Hein ? Eh bien, nous nous passons la main dans les cheveux ! Et pour peu que la réponse tarde à venir… Bref ! Nous finissons souvent par nous tirer les cheveux voire, dans les cas extrêmes, par nous les arracher. Voilà qui nous amène, derechef, à notre seconde expression.
« S’arracher les cheveux ». C’est, en général, ce que l’on fait lorsque on se trouve face à une situation aussi incompréhensible qu’inextricable. Là aussi, on peut se poser la question de l’utilité de s’imposer un tel supplice alors que l’on est déjà dans la panade, ou pire, jusqu’au cou. Et, cela me fait me poser une autre question : Comment, font, dans de telles situations, les chauves ou ceux qui, comme moi, voient petit à petit se dégrader leur couvre- chef naturel ?
Je sais ce que vous allez dire : Tu cherches des poils sur les œufs. Moi qui ne suis guère tatillon, cette expression m’a toujours fait sourire. Avouez quand même que notre belle langue et ceux qui l’ont faite ont souvent pris des détours cocasses. Chercher des poils sur les œufs. Réfléchissons un peu. L’œuf nous vient de la poule, ou inversement, on ne sait pas trop. Or, que constatons-nous en observant ces représentantes de la famille des gallinacés ? Oui. Les poules ont des plumes ! Inutile donc de perdre son temps et de s’abimer les yeux à chercher des poils sur un œuf.
Notez quand même que, dans certaines circonstances, une poule qui perd ses plumes se retrouve généralement… A poil !
« A poil ». Voilà une expression qui nous vient sûrement de ces temps lointains où nos premiers aïeux simiesques ont eu l’idée saugrenue de se mettre debout. En cette époque rude où Desigual et Jean-Paul Gaultier n’existaient pas, (je n’ai rien contre ce monsieur, au contraire, j’adore ceux qui bousculent les conventions), nos lointains ancêtres n’avaient en effet pour tout vêtement que leur pilosité. Une pilosité qui, en disparaissant, les a poussés à se vêtir de peau de bêtes. Mais, à l’époque, Brigitte Bardot n’existait pas, (j’ai des choses contre cette dame mais qui n’ont rien à voir avec la défense des animaux). Toujours est-il que certains humains modernes n’hésitent pas à renouer avec ses habitudes ancestrales et à parcourir le monde, ou tout du moins certaines de ses plages, dans la tenue de nos lointains ancêtres. Las, les temps ont bien changé et cette expression n’a, aujourd’hui, plus aucun sens. Fini l’époque où l’on exhibait fièrement son torse velu. La mode est passée par là et a sonné le glabre de nos poils.
Mais, me direz-vous, avec raison, en plus de chercher des poils sur les œufs, tu coupes les cheveux en quatre…
« Couper les cheveux en quatre ». Voyons, c’est inutile. Pourquoi s’embêter ? Pourquoi faire quatre fois le même travail minutieux alors qu’un bon coup de ciseaux suffit.
Encore un truc inventé par les coiffeurs pour justifier le temps que nous perdons chez eux et leurs honoraires…
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