UNE HISTOIRE VIEILLE COMME LE MONDE

Publié le 15 Avril 2016

« Une histoire vieille comme le monde ». Voilà une expression qui m’a toujours amusé autant qu’intrigué, même si son sens parait plus qu’évident. Elle signifie tout simplement que l’on parle d’une chose très ancienne.

Eh bien, je vais vous en raconter une, d’histoire vieille comme le monde. Et si elle est vieille comme lui, c’est tout simplement parce qu’elle est celle de notre monde. Et quand je dis notre monde, je ne parle pas seulement de cette petite planète sur laquelle nous nous agitons mais de notre univers, cet espace si immense et si sombre qu’il nous fascine et nous fait peur tout à la fois.

Je ne vais pas, ici, philosopher, rassurez-vous. Monsieur Pascal s’en est déjà admirablement chargé et la philosophie, vous le savez, n’est pas ma tasse de thé. Mais, vous allez voir que, finalement, dans cette histoire, l’infiniment grand et l’infiniment petit sont intimement mêlés. Je ne vais pas, non plus, me perdre dans de longs discours théoriques. Les astrophysiciens et les spécialistes de la physique quantique le feront bien mieux que moi. Je vais juste me contenter de rendre un bref hommage à celui qui, au long de sa « Brève histoire du temps » m’a permis de comprendre les origines de notre univers : Monsieur Stephen Hawking.

L’histoire que je vais vous raconter est celle de deux miracles. Deux instants fabuleux comme seule la nature peut en créer. Deux instants à la fois fragiles et essentiels. Notez que, si je parle ici d’instants, c’est, bien évidemment à l’échelle du temps céleste. Dans notre temps horloger et humain, nous parlerions d’heures, de jours, d’années, de siècles… Mais, je m’égare. Revenons à notre histoire.

Nous voilà revenus en arrière, il y a, à peu près quinze milliards de nos années…

A ce moment- là, à quoi peut-il bien ressembler notre monde ? Est-ce un immense trou noir ? Un océan de poussières ? Un néant d’un noir terrifiant ? Nous ne le savons pas avec exactitude et il nous faudra sûrement encore beaucoup de temps et de technologie pour percer ce mystère. Toujours est-il que, dans cet espace infiniment grand qui n’est pas encore celui que nous connaissons, se promènent quelques poussières, infiniment petites. Des atomes. Ces particules flottent au gré des courants spatiaux, se croisent, s’entrechoquent parfois. Mais, voilà que certaines s’accrochent les unes aux autres. Elles se lient, mélangent leurs électrons pour créer d’autres poussières, un peu plus grosses. S’il n’est pas encore survenu, le premier miracle est en marche. Dans le noir qui a précédé notre univers, tout s’accélère. Les poussières atomiques sont devenues une boule dans laquelle les électrons s’agitent, dansent une folle sarabande qui les fait, sans cesse, se frôler, parfois même se heurter. Dans la boule de poussières, les esprits s’échauffent. La petite boule ne peut plus contenir l’énergie de ces trublions. Elle enfle, s’étire pour leur faire de la place. Puis, n’y tenant plus, elle explose. Bien avant que nous en faisions une arme de mort, a lieu la toute première explosion nucléaire. Elle est énorme. La chaleur qu’elle dégage ferait passer notre soleil pour un glaçon. Les débris sont projetés à des vitesses folles et sur des milliers, des milliards de kilomètres. Et puis, lorsque chacun a enfin trouvé sa place, qu’il a, autour de lui, le vide qui lui est nécessaire pour prendre ses aises, tout se calme. Cependant, certains débris ne s’arrêteront jamais. Entrainés par les forces de gravité de ceux qui, plus gros, ont fini leur course, ils tourneront indéfiniment dans l’espace. Plus tard, bien plus tard, nous leur donneront le nom de comètes. D’autres débris, vestiges du cœur nucléaire, vont mettre des milliards d’années à refroidir et vont chauffer ceux qui se trouveront autour d’eux. L’univers va s’organiser autour de ces milliers de soleils. Autour de l’un d’eux tournera une petite boule bleue…

Le premier miracle vient d’avoir lieu : De l’infiniment petit, la nature a fait l’infiniment grand. Avec quelques atomes, elle vient de créer un ensemble si vaste que nous n’en connaissons pas les limites et dont nous n’avons pu observer qu’une infime partie. Mais, revenons à notre petite boule bleue.

Elle tourne autour d’un de ces débris incandescents, une de ces braises de la formidable explosion qui a fait notre univers, un soleil. Approchons nous un peu. Pourquoi est-elle bleue, cette toute petite planète ?

Parce qu’elle est, en grande partie, recouverte d’eau. Et c’est là, sur ce minuscule débris, que va avoir lieu le second miracle.

Il y a un peu plus de quatre milliards d’années…

Si elle est recouverte d’eau, un mélange de l’hydrogène issu de l’explosion originelle et d’oxygène, la petite boule a bien d’autres particularités. Elle est à bonne distance de son soleil, ni trop près, ni trop loin et sa température est relativement clémente. De plus, dans l’atmosphère gazeuse qui l’entoure, il y a également, en quantité importante, de l’oxygène. La petite planète est bien paisible. Elle tourne tranquillement sur elle-même pour se chauffer toute entière à son soleil. Son océan monte et descend au rythme imposé par le satellite de la planète, un caillou qui gravite autour de la boule bleue. Mais, sous les eaux, la nature va bientôt profiter d’un de ces précieux instants où elle peut tout faire basculer. Parce que toutes les conditions sont réunies, qu’il fait ni trop chaud ni trop froid, elle fait, à nouveau se croiser des atomes. Ils vont s’assembler pour former une molécule à l’étrange forme hélicoïdale. Cette molécule a la surprenante capacité de se reproduire et de donner à ses copies la mémoire de sa genèse.

Voilà ! Le second miracle est là !

Ces molécules d’un acide que, bien plus tard, nous appellerons A.R.N., sont l’origine de la vie. Une fois de plus, la nature a utilisé l’infiniment petit. Au fil du temps, ces microscopiques molécules vont évoluer, grossir, s’adapter aux changements qui surviennent sur la petite planète bleue. Elles vont devenir de plus en plus complexes. En s’adaptant, elles vont se diversifier, se différencier pour donner des organismes de plus en plus évolués. Des organismes qui, au cours des millénaires suivants, vont grandir jusqu’à devenir ces êtres énormes que nous appelons des dinosaures. La nature, une fois encore, va changer le cours des choses. Un cataclysme ? Un changement brutal de climat ? Le saurons-nous un jour ? De ce profond bouleversement, il ne restera presque rien de ces énormes reptiles. Mais… Des animaux plus petits vont apparaitre qui, à leur tour, suivront le lent cycle de l’évolution dicté par la nature. Un jour, certains se mettront debout sur leurs pattes…

L’histoire est-elle terminée ? Sommes-nous l’ultime chapitre de cette épopée ?

Seule la nature le sait…

Rédigé par LIOGIER François

Publié dans #BILLETS D'HUMEUR

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