TEXTE: SAUVONS L'ESCARGOT DE BOURGOGNE
Publié le 23 Mai 2013
Je voudrais pousser ici un cri d’alarme et attirer votre attention sur un problème dont, ni notre gouvernement, ni les plus hautes instances européennes, ne semblent avoir mesuré la gravité. Je veux parler de la disparition, lente et irrémédiable, de l’Hélix Pomatia, plus connu sous le nom d’escargot de Bourgogne. En effet, victime de la disparition des haies dans les champs, du comblement des fossés et de l’utilisation massive des pesticides, ce joli gastéropode à la coquille si harmonieusement dessinée, se fait de plus en plus rare dans nos campagnes. Il nous faut faire vite car il en va de la survie de cette espèce qui, telle la tortue de la fable, se hâte lentement dans nos fossés et nos jardins.
En effet, si nous n’agissons pas rapidement, nous courrons le risque de voir non seulement disparaitre un des plus beaux spécimens de la faune bourguignonne mais aussi, et c’est plus grave, tout un pan de notre économie déjà fragile. Je m’explique :
Les escargots en général, et particulièrement celui qui nous intéresse ici, sont, en effet, à la base d’une économie florissante dans divers secteurs d’activités. A commencer par l’industrie cosmétique qui l’utilise, mesdames, pour la riche teneur en collagène et en élastine de son mucus. Lorsque vous utiliserez votre crème anti-âge, pensez-y. Songez que si cet escargot disparait, non seulement le temps laissera ses marques indélébiles sur vos visages mais, qu’en plus, des centaines, voire des milliers d’ouvriers et d’ouvrières de l’industrie du cosmétique se retrouveront au chômage.
Pensons aussi à tous ces restaurateurs qui se sont fait une spécialité de ce délicieux animal et au terrible manque à gagner qu’engendrerait cette disparition ainsi qu’à la frustration de nos papilles. Plus d’escargots au beurre persillé dans nos assiettes ! Je n’ose y penser. Ou plutôt si ! Car se poserait alors un grave problème dans l’industrie agro-alimentaire. Non content de devoir faire face à une crise sans précédent dans la restauration bourguignonne, notre pays, déjà en excédent de production laitière se retrouverait alors confronté à un excédent de production de beurre et il en serait de même pour la production du persil, déjà fragilisée en ces temps de crise économique et d’attaques bactériennes.
Alors, si nous ne voulons pas que nos assiettes ressemblent à des coquilles vides, que nos campagnes sentent le beurre rance, agissons. Adoptons des couples d’escargots que nous élèverons dans nos rangs de laitues, faisons les se reproduire et nous sauverons ces adorables et délicieuses petites bêtes.
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