IMPRESSIONS DE VOYAGE - 1

Publié le 9 Octobre 2013

Je crois que j’ai toujours été fasciné par les trains, de ceux, à vapeur, de mon enfance jusqu’aux véloces T.G.V. d’aujourd’hui. Je le suis encore plus par les gares. Qu’y-a-t-il de plus vivant, de plus étonnant qu’un hall de gare ? On trouve dans ces espaces à la fois immenses et étroits un condensé, une palette colorée de notre société. Il suffit de poser sa valise et d’observer. On voit là, des cadres pressés, soucieux de ne pas manquer leur train ou leur prochaine réunion, des bandes d’étudiants rentrant chez eux après une longue semaine d’étude, échangeant en riant des commentaires sur leurs professeurs ou leurs projets pour le weekend. Parfois, une main vous surprend et se tend devant vous pour quémander une pièce « pour manger ». Il y a des amoureux qui se retrouvent, se séparent ou partent ensembles, des jeunes enfants tirant fièrement leurs petites valises à roulettes estampillées à l’effigie de leurs héros favoris, des personnes âgées tirant péniblement les leurs. On y voit certains qui, sûrs d’eux, se ruent sur les machines à composter et les passages souterrains, ceux qui, le nez en l’air, scrutent longuement le tableau d’affichage en se répétant à voix basse, pour mieux s’en assurer, que leur train partira de telle ou telle voie, ce qui confondent le hall des départs avec celui des arrivées, ceux qui, l’air affolé, courent après leur correspondance…

Si l’on y prête un tant soit peu attention, personne ne semble parler et pourtant… Il règne en ces lieux un chahut indescriptible, un brouhaha qui ne s’interrompt que lors des annonces, messages presque divins qui laissent certains fiers que leur train, celui dans lequel ils doivent monter ait été cité et d’autres, dépités que l’on n’ait pas parlé du leur.

Et puis, de temps en temps, passe une sirène. Elle n’est pas forcément belle mais vous la remarquez. Le brouhaha se tait, vous n’entendez plus que le bruit de ses talons claquant sur les dalles du hall, la foule disparait derrière un voile brumeux, vous ne voyez plus qu’elle.

Et votre cœur qui la suit des yeux tressaille à l’annonce de votre train…

Rédigé par LIOGIER François

Publié dans #TEXTES COURTS

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