SUPPLIQUE POUR REDEVENIR POUSSIERE
Publié le 10 Décembre 2014
Quand mettant sa main sur mon épaule,
La Camarde, se croyant drôle,
Me dira qu’est venue l’heure,
De m’en aller voir ailleurs.
Quand le temps, sur moi, aura passé,
Que corps et âme, je me serai ridé,
Je veux juste, pour quitter la terre,
Redevenir une poussière.
Si la vie, avant de me quitter,
Me donne encore une belle à aimer,
Qu’elle me laisse, avant le froid,
Dans ses yeux, me noyer une dernière fois.
Avoir pour elle un geste tendre,
De ceux qu’elle est la seule à comprendre
Pour que mon âme ne soit pas amère,
Au moment de redevenir poussière.
Poussière j’étais,
Poussière je redeviendrai.
Le temps à cela ne peut rien,
Juste égrener notre chemin.
La vie nous prend, nous entraine,
Nous ignorons où elle nous mène,
Dans la ronde de cette terre,
Où nous ne sommes que poussière
Amis, faites-moi ce plaisir,
De ne garder que nos doux souvenirs.
Que mes enfants m’accompagnent,
Tout en haut d’une montagne.
Qu’ils me donnent au vent léger,
Qui caracole sur les sommets,
Qu’il m’envole dans l’atmosphère
Quand je serai redevenu poussière
Moi qui ne suis qu’une pauvre pomme,
Simple humain parmi les hommes,
Sans prétention et sans audace,
Je ne veux pas laisser de trace.
S’il existe, que Dieu me pardonne,
De ne vouloir ni fleurs ni couronnes,
Et encore moins du cimetière,
Mais juste redevenir poussière.
Quand la Camarde, l’œil rigolard,
Viendra me dire qu’il se fait tard,
Je sais ce que je lui répondrai,
Je sais que je lui dirai,
De prendre son mal en patience,
De continuer seule sa macabre danse,
De me laisser une heure, une dernière,
Juste le temps de redevenir poussière.
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